Les utilisateurs de services de paiement mobile et de monnaie électronique dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) bénéficieront bientôt de nouvelles conditions tarifaires. Dans un communiqué publié le 2 octobre 2026, la BCEAO a annoncé une révision des frais applicables aux transferts d’argent entre personnes physiques, via la Plateforme interopérable du système de paiement instantané (PI-SPI).


Cette réforme intervient après une première année de fonctionnement de la plateforme. Selon la Banque centrale, elle doit favoriser l’inclusion financière, élargir la gratuité des transferts et améliorer la qualité ainsi que la disponibilité des services de paiement numérique.


À partir du 2 novembre 2026, les transferts nationaux dont le montant cumulé quotidien est inférieur ou égal à 8 000 FCFA seront gratuits à l’envoi. Cette règle s’appliquera par utilisateur et par participant, sans restriction sur le nombre d’opérations effectuées.


Concrètement, la gratuité dépendra du montant total transféré au cours de la journée, et non de la somme envoyée à chaque opération. Le seuil de 8 000 FCFA ne constitue donc pas une limite par transfert individuel.


D’après la BCEAO, ce dispositif couvrira 75 % des transactions de monnaie électronique réalisées dans l’UEMOA. Il représente ainsi un changement important pour les particuliers qui effectuent régulièrement de petits transferts, notamment pour soutenir leurs proches ou régler des dépenses courantes.


Pour les transferts nationaux dont le montant cumulé dépasse 8 000 FCFA par jour, des frais d’envoi pourront être appliqués. Leur taux devra se situer de 0 à 0,8 % du montant du transfert hors taxes.


Ce plafond encadre les frais susceptibles d’être facturés, sans signifier que toutes les opérations au-delà du seuil seront nécessairement payantes. Le tarif effectivement appliqué dépendra des conditions proposées dans ce cadre par les prestataires concernés.


À la réception, la règle est plus simple : les transferts resteront gratuits, quel que soit le montant reçu et sans limitation du nombre d’opérations, précise la BCEAO.


Pour les usagers, il sera donc important de distinguer les frais liés à l’envoi de ceux liés à la réception. La réforme prévoit la gratuité de cette dernière, tandis que les conditions applicables à l’émission varient selon le montant cumulé quotidien.


La réforme ne se limitera pas aux opérations réalisées à l’intérieur d’un même pays. À compter du 1ᵉʳ juin 2027, les transferts entre les pays membres de l’UEMOA bénéficieront de conditions tarifaires identiques à celles prévues pour les transferts nationaux.


Cette extension doit faciliter les échanges financiers entre particuliers dans la région, notamment pour les familles, les travailleurs et les personnes qui envoient de l’argent d’un pays membre à un autre.


Les nouvelles dispositions couvrent les transferts entre les comptes détenus auprès des banques ou des institutions de microfinance et ceux ouverts auprès des établissements de monnaie électronique ou de paiement. Elles concernent également les opérations entre établissements de monnaie électronique et établissements de paiement.


La mise en œuvre de ces règles repose sur la Plateforme interopérable du système de paiement instantané de l’UEMOA, lancée le 30 septembre 2025. Selon la BCEAO, les transactions de monnaie électronique interopérables au sein de l’Union devront obligatoirement passer par cette infrastructure à compter du 2 novembre 2026.


L’objectif affiché par la Banque centrale est de faire de la PI-SPI une infrastructure centrale des paiements instantanés dans l’Union. Elle entend ainsi élargir l’accès aux services financiers numériques et encourager leur utilisation.


Pour les consommateurs, la prochaine étape sera de vérifier auprès de leurs prestataires les modalités pratiques d’application de ces nouvelles règles. La réforme entrera en vigueur le 2 novembre 2026 pour les transferts nationaux, avant son extension régionale prévue le 1ᵉʳ juin 2027.