Daloa a accueilli, les 2 et 3 octobre 2026, des délégations venues de différentes régions de Côte d’Ivoire pour célébrer les jeux traditionnels. La deuxième journée du festival a notamment été marquée par la présence du ministre du Tourisme et des Loisirs, Siandou Fofana, président de cette édition, du ministre de la Promotion de la Jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique, Mamadou Touré, ainsi que de la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, représentée par son directeur de cabinet.


La manifestation a réuni des autorités administratives, politiques, coutumières et locales autour d’un objectif commun : faire vivre les pratiques ludiques héritées des différentes communautés ivoiriennes.


Le moment fort de cette deuxième journée a été la remise du Prix Gala Bi Tizié à la région du Cavally. Cette distinction récompense la collectivité territoriale considérée comme la plus engagée dans la promotion des jeux traditionnels.


Selon l’Agence ivoirienne de presse (AIP), le prix est doté d’une enveloppe d’un million de francs CFA. Le ministre Siandou Fofana a remis le trophée à une représentante du conseil régional du Cavally lors de la cérémonie officielle.


Le prix porte le nom du professeur Emmanuel Gala Bi Tizié, ancien directeur chargé de la valorisation, de la formation et de la promotion des jeux traditionnels. Il est décédé le 24 septembre 2026, quelques jours avant l’ouverture du festival.


La directrice générale des Loisirs, Isabelle Anoh, a expliqué, selon l’AIP, que cette appellation vise à honorer sa mémoire. Les travaux du professeur ont contribué à la connaissance et à la sauvegarde du patrimoine ludique ivoirien. Une étude socioanthropologique conduite sous sa direction a permis de recenser 428 jeux traditionnels et variantes.


Cette distinction entend ainsi encourager les régions à renforcer leurs initiatives de sauvegarde, de transmission et de promotion de ces pratiques culturelles.


La deuxième journée a également été rythmée par les démonstrations et les présentations de jeux traditionnels. Les 36 délégations annoncées, venues de 26 régions et de deux districts, ont donné à voir la diversité des pratiques ludiques du pays.


Parmi les jeux présentés au festival figurent notamment l’Awalé, le Fohr, le Kpê, le Guiot, le Namboltchan et le Kodjo de Kokomian. Ces pratiques mobilisent différentes aptitudes, comme la réflexion, la stratégie, l’adresse ou la coordination. Elles constituent aussi des espaces de rencontre entre les générations et les communautés.


Placée sous le thème "Jeux traditionnels et jeunesse : transmettre nos valeurs et rassembler les générations", cette quatrième édition entend rapprocher les jeunes de cet héritage culturel.


En amont du festival, Siandou Fofana avait rappelé la portée éducative de ces pratiques. "Les jeux traditionnels sont une école de vie, porteurs de fraternité, d’intelligence et de créativité", a déclaré le ministre.


Au-delà du divertissement, ces jeux transmettent des valeurs telles que le respect des règles, la patience, le partage, la solidarité et le fair-play.


Pour les organisateurs, la préservation des jeux traditionnels passe par leur pratique régulière et leur transmission aux nouvelles générations. Il s’agit de maintenir vivantes des expressions culturelles propres aux différentes communautés, tout en les rendant accessibles aux jeunes.


La Direction générale des Loisirs travaille notamment à la démocratisation de l’accès aux loisirs et à la promotion de ces pratiques. Des initiatives de digitalisation de certains jeux, dont l’Awalé et le Guiot, sont également envisagées pour faciliter leur découverte par les jeunes publics.


Le festival contribue par ailleurs à la mise en valeur des territoires qui l’accueillent. À Daloa, les animations et les démonstrations ont placé le patrimoine ludique au centre des échanges culturels et de la vie locale.


Avec le Prix Gala Bi Tizié, les organisateurs souhaitent inscrire cette dynamique dans la durée en encourageant les collectivités à jouer un rôle actif. L’enjeu est désormais de transformer l’intérêt suscité par le festival en actions concrètes pour faire connaître, pratiquer et transmettre les jeux traditionnels ivoiriens.