Renforcer la place des femmes dans les sciences pour accélérer le développement de l'Afrique. Tel est l'appel lancé à l'occasion de la quatrième Conférence internationale de statistique et d'économie appliquée (CISEA), organisée du 6 au 8 octobre 2026 à l'ENSEA.
Placée sous le thème « Femmes, STEM et développement : approches quantitatives et évaluation d'impact », cette édition a mis l'accent sur la participation des femmes et des jeunes filles aux disciplines STEM, qui regroupent les sciences, la technologie, l'ingénierie et les mathématiques.
À l'ouverture des travaux, le directeur général de l'ENSEA, le Dr Hugues Kouadio, a souligné le rôle déterminant de ces disciplines dans l'innovation, la transformation numérique et la croissance économique. Selon lui, favoriser l'accès des femmes aux filières scientifiques relève non seulement de l'égalité des chances, mais constitue également un levier essentiel de développement.
Il a ainsi appelé à multiplier les encouragements et les opportunités en faveur des jeunes filles, estimant que leur éloignement des filières scientifiques représente un potentiel humain et intellectuel insuffisamment exploité.
La conférence a été marquée par quatre conférences plénières animées par des spécialistes de l'économie, de l'éducation et de l'innovation.
Le professeur Kevin Urama, économiste en chef et vice-président de la Banque africaine de développement (BAD), a ouvert les échanges en examinant les liens entre l'éducation dans les disciplines STEM, la participation des femmes et la productivité économique en Afrique.
Le professeur Ismaël Mourifié, de l'Université Washington de St. Louis, s'intéresse aux politiques d'admission et aux inégalités de genre dans les filières scientifiques. De son côté, la professeure Marlène Koffi, de l'Université de Toronto, a présenté ses travaux sur les approches du développement économique et l'évaluation des politiques publiques.
Enfin, le professeur Erik Stam, de l'Université d'Utrecht, spécialiste des écosystèmes entrepreneuriaux et de l'innovation, a clôturé ce cycle de conférences. Ces interventions ont permis d'aborder les conditions nécessaires à une meilleure inclusion des femmes dans les domaines scientifiques et à une contribution accumulée de ces compétences au développement économique.
Au-delà des conférences plénières, la CISEA a accordé une place importante aux jeunes chercheurs et aux doctorants. Encouragés à présenter leurs travaux et à échanger avec leurs pairs, ces derniers ont été invités à développer des collaborations scientifiques susceptibles de renforcer la recherche et la relève académique.
Créée pour favoriser le dialogue scientifique international, la CISEA s'affirme ainsi comme un espace de rencontre entre la recherche, les politiques publiques et les problématiques de développement.
Les éditions précédentes ont notamment porté sur la statistique et l'économie numérique en 2019, les changements climatiques et les performances économiques en 2020, puis les chocs exogènes et les stratégies de résilience des économies en développement en 2023.
À travers cette quatrième édition, l'ENSEA réaffirme l'importance de la recherche et de l'inclusion dans la construction d'économies africaines plus performantes. L'enjeu est désormais de transformer les réflexions scientifiques en actions concrètes pour ouvrir davantage les filières STEM aux femmes et aux jeunes filles, et faire de leurs compétences un moteur durable d'innovation et de croissance sur le continent.
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