La question du prix du poisson reste au cœur des préoccupations liées au pouvoir d’achat des ménages ivoiriens. Pour limiter les tensions sur le marché, le gouvernement mise notamment sur le renforcement de l’offre et sur une participation accrue des acteurs privés dans la filière halieutique.


Invité des "Grands Rendez-Vous" de l’AIP, à l’Ivotel Abidjan-Plateau, Sidi Tiémoko Touré a rappelé que l’État avait déjà engagé des investissements pour soutenir le secteur. Il estime toutefois que le développement durable de la pêche nécessite une implication plus importante des entreprises, notamment dans l’acquisition des moyens de production.


Cette rencontre, organisée autour du thème "Économie animale et économie bleue : quelles stratégies pour renforcer la souveraineté alimentaire, créer des richesses et accélérer la transformation des filières locales ?", a permis au ministre d’exposer la place qu’il entend donner au secteur privé dans cette stratégie.


Pour Sidi Tiémoko Touré, l’État doit créer les conditions favorables au développement de la filière, tandis que les opérateurs privés doivent prendre une part plus importante dans les activités productives.


"Ce n'est pas le rôle de l'État d'être présent dans le secteur productif", a-t-il affirmé, en évoquant notamment la nécessité pour les entreprises d’investir dans l’acquisition de bateaux de pêche.


Le ministre a ainsi invité les opérateurs économiques à tirer parti des leviers mis en place par le gouvernement pour développer leurs activités. L’objectif est de renforcer les capacités de production et d’approvisionnement, dans un secteur qui nécessite des investissements importants.


L’acquisition de navires de pêche et le développement des capacités des entreprises pourraient contribuer à améliorer l’offre disponible sur le marché. Une production plus importante et un approvisionnement mieux organisé peuvent également participer à la limitation des tensions sur les prix.


Le ministre a cependant reconnu l’importance de la régulation publique. Il a assuré que l’État veillerait au respect des règles de concurrence afin d’éviter les pratiques susceptibles de perturber le fonctionnement du marché.


La spéculation sur les prix du poisson constitue une préoccupation pour les autorités, notamment en raison de la place de cette denrée dans l’alimentation des ménages. Les variations de prix peuvent affecter le budget des familles et compliquer l’accès à une source importante de protéines.


Sidi Tiémoko Touré s’est montré confiant quant à la capacité du gouvernement à apporter des réponses aux difficultés rencontrées dans la filière.


"Je sais que par la dynamique intergouvernementale, nous arriverons à trouver une réponse aux différentes problématiques liées aux spéculations", a-t-il déclaré.


Cette déclaration souligne la nécessité d’une action coordonnée entre les différents départements ministériels concernés, les commerçants et les opérateurs de la pêche. La disponibilité du poisson, les conditions d’importation, les coûts de transport et les circuits de distribution figurent parmi les éléments susceptibles d’influencer les prix payés par les consommateurs.


L’enjeu consiste donc à agir sur l’approvisionnement tout en assurant une concurrence conforme aux règles en vigueur. Les effets de ces mesures devront être appréciés à travers l’évolution effective des prix sur les marchés.


L’intervention du ministre intervient après une rencontre organisée jeudi dernier entre le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Kalil Konaté, et des commerçants de poissons.


À l’issue de ces échanges, le gouvernement a obtenu une baisse de 2 500 FCFA sur les cartons de 20 kg de chinchard et de maquereau, selon les informations communiquées.


Cette mesure concerne deux produits présents dans les circuits de commercialisation du poisson. Son incidence sur les dépenses des ménages dépendra notamment de la répercussion effective de cette baisse sur les prix de vente au détail.


Le suivi des prix dans les marchés sera donc déterminant pour évaluer les retombées concrètes de cette décision pour les consommateurs.


Au-delà de la question immédiate des prix, le gouvernement entend renforcer la contribution des filières animales et halieutiques à la souveraineté alimentaire de la Côte d’Ivoire.


L’augmentation des investissements privés, le développement des capacités de pêche et l’amélioration de l’organisation du marché constituent des leviers possibles pour réduire les tensions sur l’approvisionnement.


Pour les consommateurs, l’enjeu reste de pouvoir accéder durablement au poisson à des prix abordables. Pour les opérateurs économiques, le défi consiste à investir dans la production et la distribution, tout en évoluant dans un environnement concurrentiel encadré.


La stratégie défendue par Sidi Tiémoko Touré repose ainsi sur une complémentarité entre l’action de l’État et l’investissement privé. Son efficacité se mesurera notamment à la capacité de la filière à améliorer l’approvisionnement et à limiter les fluctuations de prix supportées par les ménages.