Une contre-offensive tous azimuts pour défendre ce que les Sénégalais considèrent comme une « injustice historique ».
Lors d'une conférence de presse empreinte de gravité, le président Fall a donné lecture d'une résolution du comité exécutif de la FSF, mandatant ses avocats pour saisir la plus haute instance juridique du sport mondial. L'objectif est clair : l'annulation pure et simple de la décision du jury d'appel obtenu de la CAF, qui a déclaré le Sénégal forfait en se fondant sur les articles 82 et 84 du règlement de la CAN, relatifs à l'interruption momentanée du match par les joueurs sénégalais.
" C'est une décision unique, sans précédent et incompréhensible ", a martelé Abdoulaye Fall, avant de rappeler les faits survenus le 18 janvier au stade Prince Moulay Abdallah de Rabat. Après un mais refusé au Sénégal et une pénalité accordée au Maroc dans le temps additionnel, les Lions de la Téranga avaient quitté la pelouse, avant de revenir sous l'impulsion de Sadio Mané. Le penalty marocain fut manqué, et le Sénégal s'impose en prolongation (1-0). " Il ya eu des contestations. Le jeu a représailles. Le match a pris fin. On a joué les prolongations et le Sénégal a gagné. Pour nous, c'est une affaire classée ", a insisté le dirigeant, caractérisé que le trophée, les médailles et le prix-argent avaient été remis aux vainqueurs.
Au-delà de l'aspect juridique, la FSF a mis en avant les conditions d'organisation jugées défavorables avant la finale. Abdoulaye Fall a déclaré les problèmes d'hébergement, l'absence de sécurité à l'arrivée des joueurs à la gare de Rabat, et le fait que l'on avait voulu imposer aux Sénégalais le camp d'entraînement des Lions de l'Atlas. « Allez faire nos entraînements dans le camp de l'adversaire, ce n'était pas possible », a-t-il lancé, évoquant également la découverte tardive de l'identité de l'arbitre.
Parallèlement à cette offensive judiciaire, le gouvernement sénégalais a haussé le ton. Dans un communiqué publié mercredi, les autorités ont rejeté « sans ambiguïté cette tentative de dépossession injustifiée » et réclamé l'ouverture d'une enquête internationale indépendante pour « soupçons de corruption au sein des instances dirigeantes de la CAF » . Une accusation grave qui a contraint le président de la CAF, Patrice Motsepe, à sortir du silence. Dans une vidéo, le patron du football africain a défendu « l'indépendance » de ses instances disciplinaires et assuré qu'aucun pays du continent ne bénéficiait d'un traitement « préférentiel ». Il a également indiqué que la CAF se plierait au verdict du TAS .
D'un côté, un trophée remporté sous les youyous, des joueurs en larmes et une nation en liesse. De l'autre, un communiqué officiel et une décision de justice sont tombés deux mois plus tard, comme un couperet. Entre la vérité du terrain et la lecture des textes, le football africain vit l'un des plus grands scandales de son histoire. Le Sénégal, soutenu par une opinion internationale largement acquise à sa cause, joue désormais son va-tout devant le TAS. Mais au-delà du sort des Lions de la Téranga, c'est l'image même des instances dirigeantes du football africain qui se jouent dans cette bataille. Car si la confiance est perdue, même les plus belles victoires sur le terrain pourraient un jour être effacées par un trait de plume.
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