Dans une salle transformée en cantine, les élèves sont installés sur des tables-bancs bien alignées. Mariano, élève de CM2, attend patiemment son tour. "J’adore le plat que l’on nous sert à l’école, confie-t-il. Avant, quand je n’avais rien à manger, j’avais faim pendant les cours et je ne pouvais pas me concentrer. Maintenant, j’apprends mieux et je viens chaque jour à l’école."


Eliane, élève en CE2, abonde dans le même sens. "À la maison, c’est difficile pour nous de trouver quelque chose à manger. L’école est comme un lieu sûr où je peux apprendre et manger gratuitement. C’est vraiment une source de motivation. " Ces témoignages illustrent l'impact concret d'un programme qui, dans un contexte marqué par la pauvreté et l'insécurité alimentaire, joue un rôle essentiel dans la lutte contre la malnutrition et le décrochage scolaire.


Les cantines scolaires sont bien plus qu'un simple repas. Elles constituent, selon Rasmus Egendal, ancien représentant du PAM à l'origine de ce projet, "un billet pour l'avenir ". "Quand un enfant mange à l'école, il reste en classe, il apprend, il rêve. Un repas, c'est la différence entre abandonner et réussir ", souligne-t-il.


L'initiative a également un impact bénéfique sur l'économie locale. Les repas, servis à 400 000 enfants, sont cuisinés à partir de produits locaux, créant ainsi des emplois pour des agriculteurs et des cuisinières comme Marie-Solange. "Les repas ont permis d’augmenter la fréquentation de l’école, surtout chez les filles. C’est un projet à pérenniser, car l’avenir du pays dépend de l’éducation de nos enfants ", savoure-t-elle.


Derrière chaque assiette servie dans ces cantines scolaires se cache une promesse : celle de ne laisser aucun enfant sur le bord du chemin à cause de la faim. En Centrafrique, où les défis sont immenses, ce programme prouve que la solidarité internationale peut avoir un impact tangible et immédiat sur des vies. Car si l'école est le socle de tout développement, elle ne peut jouer son rôle que si les enfants qui la fréquentent ont le ventre plein. En transformant la faim en motivation, le PAM et le gouvernement centrafricain posent les bases d'un avenir meilleur, où chaque repas distribué est une victoire contre l'abandon scolaire et un investissement dans la génération qui construira demain.