Organisé avec l'appui de la Garde-côtière américaine, cet atelier de quatre jours traduit la volonté des autorités ivoiriennes de doter le pays de mécanismes efficaces pour garantir la sûreté des infrastructures portuaires.


À l'occasion de l'ouverture des travaux, le Directeur Général des Affaires Maritimes, le Colonel-Major Kouassi Yao Julien, a exprimé sa satisfaction et sa reconnaissance envers les partenaires engagés dans le renforcement des capacités nationales. Il a salué la coopération fructueuse avec les autorités américaines ainsi que l'implication des équipes techniques mobilisées pour accompagner l'administration dans ce processus stratégique.


Cette initiative s'inscrit dans une dynamique de modernisation et de consolidation des dispositifs de sûreté portuaire. Pour le Directeur Général, la sécurité portuaire apparaît aujourd'hui comme un enjeu crucial pour les États côtiers, notamment ceux dont l'économie repose largement sur le commerce maritime international, à l'image de la Côte d'Ivoire. En effet, le transport maritime constitue l'épine dorsale des échanges mondiaux, assurant plus de 80 % du commerce international de marchandises.


Dans ce contexte, les ports ne sont plus de simples zones d'escale ou de transit. Ils sont devenus de véritables plateformes logistiques, industrielles et énergétiques, jouant un rôle central dans les chaînes d'approvisionnement régionales et internationales. Le développement économique et l'intégration sous-régionale exposent cependant ces infrastructures à des menaces multiples et évolutives.


Le Colonel-Major Kouassi Yao Julien a évoqué la montée des réseaux criminels transnationaux, la diversification des modes opératoires, ainsi que l'émergence de menaces asymétriques, y compris terroristes. À cela s'ajoutent des risques nouveaux liés aux avancées technologiques et aux cybermenaces, qui placent les ports au cœur d'enjeux multidimensionnels.


Face à cette réalité, il devient impératif d'adopter une approche intégrée, proactive et rigoureuse de la sécurité portuaire. Cela passe notamment par le renforcement des capacités humaines, la modernisation des équipements, ainsi que par une coopération internationale renforcée.


Derrière chaque conteneur qui accoste au port d'Abidjan se joue bien plus qu'une transaction commerciale. C'est toute la sécurité économique et stratégique du pays qui est en jeu. En associant ses forces à celles de la Garde-côtière américaine, la Côte d'Ivoire ne se contente pas de former ses agents ; elle se prépare à affronter des menaces de plus en plus complexes, où la cybercriminalité, les trafics illicites et le terrorisme se mêlent aux flux légaux. Ce séminaire, qui se tient jusqu'au 27 mars, n'est donc pas une simple session technique. C'est une étape décisive dans la construction d'une souveraineté portuaire capable de résister aux tempêtes de ce XXIe siècle, où la guerre se livre parfois à l'abri des radars, dans l'ombre des grues et des quais.