Le bilan est sans appel : 27 conducteurs ont vu leur permis retiré pour des durées allant de trois mois à cinq ans.
Les infractions jugées lors de cette session ordinaire sont lourdes de conséquences. Derrière les procès-verbaux, se cachent douze tués et quarante et un blessés, des vies fauchées ou brisées par des comportements qui, pour la plupart, auraient pu être évités. Défaut de maîtrise, imprudence, excès de vitesse, et un cas d'alcool au volant : autant de facteurs humains qui, cumulés, transforment les routes en zones de danger permanent.
Certaines auditions ont marqué les esprits. Un homme de plus de 60 ans, impliqué dans un accident, a d'abord tenté de livrer une version différente de celle du procès-verbal, avant de céder face à ses propres déclarations. Un autre, du même âge, a décrit avec une froide lucidité comment il avait percuté un piéton dans l'obscurité, affirmant ne pas l'avoir vu. Derrière cette phrase banale, une tragédie humaine : une vie fauchée, une famille plongée dans le deuil.
Plus saisissant encore, le récit d'un motocycliste percuté par un véhicule et projeté sous les roues d'un camion gros porteur, les pieds broyés par la violence du choc. La scène, décrite lors de l'audition, a rappelé à tous la brutalité extrême qui peut engendrer une simple seconde d'inattention.
Au terme des travaux, trois conducteurs ont écopé d'un sursis, une ultime mise en garde avant des sanctions plus lourdes. Un permis a été restitué, tandis que cinq dossiers ont été rapportés en raison de l'absence des contrevenants.
Le Président par intérim de la commission, Coulibaly Kafona, a tenu à rappeler la finalité de ces sanctions. " Les sanctions, aussi sévères soient-elles, ne ramèneront pas les victimes. Elles ne répareront ni les corps meurtris, ni les familles endeuillées. Mais elles constituent un signal fort, une tentative de prévention de nouveaux drames . "
Chaque suspension de permis est une reconnaissance implicite que la route est un lieu où la liberté de chacun s'arrête où commence la sécurité des autres. Derrière les 27 décisions de retrait rendues ce mardi, il y a des familles qui ne verront plus jamais leur proche rentrer à la maison, des corps qui ne retrouveront jamais leur intégrité, des destins basculés dans une fraction de seconde. La commission de la DGTTC a fait son travail : sanctionner. Mais le vrai combat ne se gagne pas dans une salle d'audience. Il se gagne chaque jour, sur les routes, au volant, dans cette capacité à freiner avant l'irréparable, à ralentir avant le drame. Car un permis suspendu ne rendra jamais la vie à ceux qui sont partis. Et c'est peut-être là la plus grande leçon de cette séance : la prévention vaut toujours mieux que la punition.
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