La cérémonie d'ouverture a été marquée par une conférence inaugurale du Professeur Dion Simplice, Vice-Président de l'Université Félix Houphouët-Boigny, dont le thème résume l'ambition de ce séminaire : "La Gendarmerie Nationale à l’horizon 2030 : construire une puissance sécuritaire intelligente face aux menaces hybrides et aux recompositions géopolitiques sous-régionales ". Une intervention qui a posé le cadre des enjeux auxquels l'institution devra faire face dans un contexte régional marqué par l'instabilité et l'émergence de nouvelles formes de menace.


Les réflexions se sont poursuivies avec un panel réunissant des experts nationaux et internationaux. Le Professeur Alain TOH, Chef du département de sociologie de l'Université Félix Houphouët-Boigny, le Colonel Xavier LEFEVRE, Attaché de sécurité intérieure près l'Ambassade de France, et le Colonel Dominique WANECQUE, Conseiller du Commandant Supérieur de la Gendarmerie nationale, ont échangé autour d'une question centrale : "Le gendarme de demain : quelles compétences et quel profil de carrière pour répondre aux exigences d’une société en mutation "


Les travaux se poursuivent désormais en commissions, avec un objectif clair : formuler des recommandations stratégiques concrètes pour renforcer l'efficacité opérationnelle de la Gendarmerie nationale à l'horizon 2030. Cette réflexion intervient dans un contexte où les forces de sécurité doivent s'adapter à des menaces toujours plus complexes : terrorisme, cybercriminalité, trafics transnationaux, mais aussi crises sociales et environnementales.


En réunissant à San Pedro ses plus hauts cadres, des universitaires et des partenaires étrangers, la Gendarmerie nationale ne se contente pas de dresser le bilan des cinq dernières années. Elle engage une réflexion de fond sur ce que sera la force de sécurité de demain. Car face à des menaces qui ne connaissent plus de frontières et à une société en profonde mutation, le gendarme de 2030 ne pourra plus être celui de 2020. Il devra être technicien, psychologue, diplomate, parfois même sociologue. Il devra maîtriser les outils numériques autant que le maniement des armes, comprendre les fractures sociales autant que les stratégies militaires. C'est à ce prix que la Gendarmerie nationale restera cette "puissance sécuritaire intelligente " dont le pays a besoin pour garantir sa stabilité. Les réflexions amorcées à San Pedro sont donc bien plus qu'un simple séminaire : elles posent les jalons de la sécurité ivoirienne pour la prochaine décennie.