Des documents internes analysés dans le cadre de l’enquête « Propaganda Machine », menée par un consortium de médias internationaux, révèlent les stratégies déployées par un groupe de consultants en communication proche de la Russie pour accompagner son repositionnement en Afrique, notamment dans l’espace sahélien.


Selon ces éléments, la zone du Sahel est devenue une priorité stratégique. L’objectif affiché est de consolider l’Alliance des États du Sahel (AES), composée du Mali, du Burkina Faso et du Niger, tout en favorisant son élargissement à d’autres pays de la région. Cette dynamique s’inscrit dans une vision plus large visant à restructurer les équilibres géopolitiques et à promouvoir une coopération alternative aux partenariats occidentaux.


En effet, après les changements de régime intervenus au Mali en 2021, au Burkina Faso en 2022 et au Niger en 2023, les autorités de transition ont renforcé leurs liens avec Moscou, notamment dans les domaines sécuritaire et informationnel. Parallèlement, les documents évoquent des campagnes destinées à promouvoir un discours souverainiste et à décrédibiliser les partenaires occidentaux, accusés d’ingérence.


Ainsi, plusieurs actions de communication ont été menées, allant de la publication d’articles sponsorisés à l’organisation d’événements culturels et sportifs. Des budgets précis sont également mentionnés pour ces campagnes, notamment au Niger, où des initiatives auraient visé à consolider le pouvoir en place et à influencer l’opinion publique.


Par ailleurs, le Mali est présenté comme un acteur central de cette dynamique régionale. Des actions auraient été entreprises pour renforcer les positions des autorités de transition, notamment à travers des campagnes d’information ciblées et la promotion de réformes dans certains secteurs stratégiques.


En outre, les documents font état d’initiatives visant à élargir l’influence de l’AES au-delà de ses frontières actuelles, en impliquant des acteurs de la société civile et de la jeunesse issus de pays voisins. Toutefois, certains participants à ces activités ont exprimé des réserves quant à l’interprétation faite de leurs contributions.


Enfin, ces stratégies s’accompagnent de campagnes de communication à dimension internationale, incluant des messages critiques à l’égard de certains pays et organisations, dans un contexte de recomposition des alliances.


Au total, ces révélations mettent en évidence l’importance croissante des outils d’influence dans les relations internationales et soulignent les enjeux liés à la souveraineté, à l’information et à la coopération régionale au Sahel.