Le constat est alarmant. Selon le Coordonnateur des Filets Sociaux, Koné Kipeya Brahima, « près de 30 % des personnes ciblées ne disposent pas de Carte Nationale d'Identité ». Une situation qui fragilise l'ensemble du dispositif, car ces bénéficiaires s'appuient souvent sur des tiers pour leurs opérations de mobile money, exposant ainsi les aides à des risques de fraude ou de détournement.


Depuis son lancement, le programme des filets sociaux a été déployé  plus de 196 milliards de FCFA  dans les 31 régions du pays, au profit de centaines de milliers de ménages vulnérables. Ces transferts monétaires trimestriels, assortis d'un accompagnement structurant, constituent un pilier essentiel de la politique nationale de protection sociale. Mais pour que ces aides atteignent efficacement leurs cibles, une identification fiable des bénéficiaires est indispensable.


Le Directeur Général de l'ONECI, Ago Christian Kodia, a salué cette initiative qui s'inscrit dans la vision du gouvernement. Il a réaffirmé le rôle stratégique du Registre National des Personnes Physiques (RNPP), véritable socle de l'identité en Côte d'Ivoire, qui ouvre la voie à une identité numérique fiable, sécurisée et unique. « Une identification rigoureuse permet d'éliminer les doublons et d'assurer une gestion transparente des programmes sociaux », at-il souligné, rappelant que chaque citoyen doit être identifié de manière unique grâce au Numéro National d'Identification (NNI).


À travers cette convention, l'ONECI et le BCPFS expriment leur volonté commune de renforcer la justice sociale, de prévenir la fraude et d'améliorer l'efficacité de l'action publique au bénéfice des populations les plus fragiles. La Carte Nationale d'Identité s'affirme ainsi comme un instrument fondamental d'inclusion sociale, garantissant l'accès aux droits essentiels tout en protégeant la dignité des bénéficiaires.


L'argent des filets sociaux est précieux, mais il n'aura son plein effet que s'il atteint ceux à qui il est destiné. En unissant leurs forces, l'ONECI et le BCPFS s'attaquent à un verrou majeur : l'absence de carte d'identité pour près d'un tiers des bénéficiaires. Car derrière ce chiffre, ce sont des histoires concrètes : des mères de famille qui doivent passer par un tiers pour retirer l'argent, des risques d'exploitation, des fraudes possibles. Désormais, grâce à cette convention, l'identification sera renforcée, les doublons éliminés, et chaque bénéficiaire pourra recevoir son dû en toute sécurité, avec sa propre identité. L'ONECI, en sa qualité de "niveaux de confiance", joue ici un rôle social essentiel. Il ne s'agit plus seulement d'identifier des citoyens, mais de leur garantir l'accès aux droits fondamentaux. C'est tout le sens de cette alliance : faire de l'identification un levier d'inclusion et de justice sociale. Et c'est une très bonne nouvelle pour les plus vulnérables de notre pays.