Les femmes dirigent mieux, mais elles sont trop peu nombreuses aux postes de commandement. C'est le constat alarmant dressé par le REFCEACI lors d'un événement national de haut niveau le 12 mai 2026 à Abidjan. L'un des temps forts a été la présentation croisée des résultats d'une étude exploratoire sur la sous-représentation des femmes aux postes de direction des structures scolaires, introduite par Jihane Lamouri de l'IIPE-UNESCO.


Les chiffres interpellent : les femmes ne représentent que 13 % des directrices d'écoles primaires et 22 % des cheffes d'établissement au secondaire. Pourtant, l'étude démontre un impact positif concret lorsque les écoles sont dirigées par des femmes, avec de meilleurs taux de promotion des élèves.


"Nous ne sommes plus uniquement dans une logique de diagnostic, mais désormais dans une logique d'action", a martelé Marthe Rabbiosi, présidente du réseau. L'étude révèle que les femmes responsables mobilisent souvent des approches centrées sur la collaboration, les relations humaines, la rigueur administrative et le lien avec les familles, un facteur clé de la réussite scolaire.


Face aux obstacles persistants (surcharge administrative, poids des responsabilités familiales, normes sociales restrictives), le REFCEACI agit. Un plan d'accompagnement a été co-élaboré avec la Direction des Ressources Humaines du MENAET, reposant sur la formation, le mentorat et la transformation du cadre institutionnel. Déjà, plus de 250 femmes responsables ont bénéficié de ces formations.


L'année 2025 a marqué un tournant avec plus de 30 % de femmes parmi les nouvelles nominations au secondaire, signe d'une volonté politique réelle.


L'égalité de genre à l'école ne se limite pas aux bancs des élèves. Elle se joue aussi dans les bureaux des directeurs. Le REFCEACI le rappelle avec force : les femmes ont leur place aux postes de direction. Et quand elles y sont, les résultats suivent. Former, accompagner, lever les barrières : le réseau agit. Et les chiffres commencent à bouger. Reste à transformer la dynamique en profondeur. Le système éducatif ivoirien a tout à y gagner.