Remis à la caserne de gendarmerie d’Agban, à Abidjan, ces moyens doivent renforcer les interventions dans onze régions du pays, avec un objectif annoncé d’éradication du phénomène dans un délai de six mois.
La lutte contre l’orpaillage illégal entre dans une nouvelle phase avec le renforcement des moyens logistiques et opérationnels des forces de sécurité. La cérémonie de remise du matériel a été présidée par le vice-Premier ministre, ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara.
Les équipements sont destinés au Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal (GSLOI), à la Brigade spéciale de surveillance et d’intervention (BSSI), ainsi qu’aux forces locales, notamment la gendarmerie et les agents des Eaux et Forêts.
Les véhicules doivent faciliter les déplacements des unités dans les zones d’intervention. Les motos peuvent permettre d’accéder à certains sites difficiles d’accès, tandis que les zodiacs sont destinés aux opérations nécessitant des moyens de navigation. Les drones doivent, quant à eux, contribuer aux missions de renseignement et de surveillance.
Selon le gouvernement, cette dotation vise à améliorer les capacités d’intervention des unités mobilisées contre l’exploitation illégale de l’or.
Les moyens remis doivent être déployés dans les régions de la Bagoué, du Bounkani, du Cavally, du Gbêkê, du Hambol, de l’Iffou, de l’Indénié-Djuablin, du Moronou, de la Nawa, du Sud-Comoé et du Worodougou.
La coordination des opérations sera assurée par les préfets de région. Le CNS leur a demandé de renforcer la mobilisation des comités départementaux de sécurité et des cellules civiles et militaires afin d’améliorer la coopération entre les différents acteurs.
À cette occasion, Téné Birahima Ouattara a réaffirmé la détermination de l’État à mettre fin à l’orpaillage illégal sur l’ensemble du territoire national.
"L’État de Côte d’Ivoire est déterminé à éradiquer l’orpaillage illégal sur toute l’étendue du territoire national", a-t-il déclaré, selon le compte rendu publié par le gouvernement. Il a également insisté sur la nécessité de mener les opérations dans le respect de la loi et des droits des populations.
Les équipements remis le 30 septembre constituent un premier lot d’une commande plus importante. Selon Fidèle Sarassoro, secrétaire exécutif du CNS, la commande globale porte sur 48 pick-up, 40 véhicules de transport de troupes, 360 motos, 84 zodiacs, une trentaine de drones et 10 GPS.
La remise d’équipements complémentaires doit permettre de consolider progressivement le dispositif opérationnel. Le gouvernement présente cette mobilisation comme un moyen d’intensifier la lutte contre les activités d’exploitation aurifère menées en dehors du cadre légal.
Le préfet de région de l’Indénié-Djuablin, Arsène Kouassi Kouadio, qui s’exprimait au nom des régions bénéficiaires, a indiqué que les autorités préfectorales s’engageaient à contribuer à l’objectif fixé par le CNS : éradiquer l’orpaillage illégal dans un délai de six mois à compter du 30 septembre 2026.
Au-delà de la mobilisation des forces de sécurité, la lutte contre l’orpaillage illégal pose des enjeux environnementaux, économiques et sanitaires. L’exploitation clandestine peut entraîner la dégradation des sols, la pollution des cours d’eau et des risques pour les populations vivant à proximité des sites concernés.
Le renforcement des moyens matériels constitue un levier d’action. Cependant, son efficacité dépendra aussi de la coordination des unités, de la régularité des opérations et du suivi des sites après les interventions.
La coopération entre les autorités préfectorales, les forces de sécurité et les services chargés de la protection de l’environnement sera donc déterminante. Il faudra également mesurer les résultats obtenus au regard de l’échéance de six mois annoncée par les autorités.
Avec cette première dotation, le CNS entend accroître la présence opérationnelle de l’État dans les zones touchées. L’enjeu sera désormais de transformer ces moyens supplémentaires en résultats durables contre l’exploitation illégale des ressources aurifères.
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