La transformation numérique de l’administration ivoirienne franchit une nouvelle étape. Le gouvernement engage une étude destinée à déterminer les conditions de mise en place d’un dispositif national d’authentification et d’un portefeuille d’identité numérique.


La cérémonie de lancement s’est déroulée à Abidjan en présence du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, ainsi que de représentants des institutions publiques, du secteur privé et des partenaires techniques et financiers.


L’initiative est portée par le ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, dirigé par Djibril Ouattara. Elle s’inscrit dans la feuille de route 2026-2028 du département et dans la stratégie de modernisation des services publics.


L’objectif annoncé est de permettre aux citoyens et aux autres usagers des services publics de s’authentifier plus facilement dans leurs démarches en ligne.


Le futur dispositif doit notamment permettre de vérifier différents attributs et justificatifs numériques. Il pourrait ainsi limiter, à terme, la répétition de certaines procédures d’identification et la présentation systématique de documents déjà détenus par l’administration.


Pour les usagers, l’ambition affichée est de parvenir à moins de démarches, moins de justificatifs et davantage de confiance dans les services numériques.


Cette orientation rejoint les efforts engagés par le gouvernement pour développer des services publics numériques plus intégrés. En septembre 2026, le ministère avait indiqué que 59 services à fort impact avaient été retenus comme prioritaires parmi 140 services examinés dans le cadre d’un atelier national de priorisation. Parmi les premiers services ciblés figuraient particulièrement l’authentification des diplômes et la preuve de vie numérique des retraités.


L’étude de faisabilité doit s’appuyer sur les dispositifs nationaux déjà disponibles. Le Registre national des personnes physiques (RNPP) constitue spécifiquement une infrastructure de référence pour l’identification des personnes.


Le RNPP a été conçu pour centraliser des informations biographiques et biométriques et attribuer un numéro national d’identification aux personnes enregistrées. Les autorités ivoiriennes avaient également prévu une architecture interopérable afin de faciliter les échanges avec d’autres systèmes administratifs.


Les acquis de l’Office national de l’état civil et de l’identification (ONECI) doivent de plus être considérés. L’objectif affiché est de privilégier la réutilisation des infrastructures et l’interopérabilité plutôt que de créer des dispositifs fonctionnant séparément.


Cette approche s’inscrit dans une politique plus large d’interconnexion des systèmes publics. En juillet 2026, le ministère de la Transition numérique avait déjà annoncé des travaux visant à renforcer l’interopérabilité des systèmes d’information de l’administration. La future plateforme nationale d’interopérabilité doit surtout permettre aux administrations d’échanger des données de manière sécurisée et de simplifier les démarches.


Au-delà de la simplification administrative, le projet pose la question de la confiance dans l’identité numérique et dans les échanges électroniques.


La Côte d’Ivoire dispose déjà d’une infrastructure nationale de confiance électronique destinée à garantir spécialement l’authenticité et l’intégrité des échanges numériques entre l’administration, les entreprises et les citoyens. L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) présente cette infrastructure comme un socle pour développer la signature électronique et l’identité numérique nationale.


La nouvelle étude devra donc préciser les conditions techniques, institutionnelles et opérationnelles nécessaires au déploiement du futur dispositif.


Le lancement de cette étude ne signifie pas encore que le portefeuille d’identité numérique est opérationnel. Il s’agit d’abord d’évaluer sa faisabilité et de définir les modalités de sa mise en place.


Pour le gouvernement, cette démarche doit contribuer à construire une administration davantage connectée, capable de partager les données nécessaires aux services publics tout en simplifiant l’expérience des usagers.


La prochaine étape consistera à tirer les conclusions de l’étude et à préciser le modèle retenu pour cette plateforme nationale d’authentification et ce portefeuille d’identité numérique.