Née à Durban, en Afrique du Sud, dans une famille d’origine tamoule indienne, Navi Pillay a construit sa carrière dans la défense des droits fondamentaux et la lutte contre les discriminations. Sous l’apartheid, elle a notamment défendu des militants opposés au régime ségrégationniste, dont Nelson Mandela.


Son parcours l’a ensuite conduite à occuper plusieurs fonctions judiciaires et institutionnelles de premier plan. Elle a notamment été juge au Tribunal pénal international pour le Rwanda, puis à la Cour pénale internationale (CPI). De 2008 à 2014, elle a également exercé les fonctions de haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme. Elle siège par ailleurs comme juge ad hoc à la Cour internationale de justice (CIJ), dans une affaire portant sur l’application de la Convention sur le génocide.


Au Tribunal pénal international pour le Rwanda, son travail a contribué à faire reconnaître le viol et les violences sexuelles comme pouvant constituer des actes de génocide, lorsqu’ils sont commis avec l’intention de détruire un groupe protégé. Cette avancée constitue l’un des jalons importants de son héritage juridique.


Entre 2021 et 2025, Navi Pillay a présidé la Commission d’enquête internationale indépendante des Nations unies sur le territoire palestinien occupé. En 2025, cette commission a conclu qu’Israël avait commis un génocide dans la bande de Gaza, une conclusion rejetée par les autorités israéliennes.


L’attribution du Nobel à la juriste sud-africaine a ainsi suscité des réactions contrastées. Tandis que des responsables internationaux et des organisations de défense des droits humains ont salué cette reconnaissance de son engagement, des responsables israéliens ont vivement critiqué le choix du Comité Nobel, mettant en cause son impartialité.


À l’annonce de la récompense, Navi Pillay a également fait preuve d’humour en évoquant le président américain Donald Trump, qui a publiquement exprimé à plusieurs reprises son souhait de recevoir le Nobel de la paix. "Si vous applaudissez un peu plus fort, je partagerai peut-être le prix avec Trump ", a-t-elle lancé, selon des propos rapportés par l’AFP.


Pour le Comité Nobel norvégien, cette distinction met en lumière le rôle de Navi Pillay dans le développement du droit international et le renforcement des mécanismes judiciaires destinés à lutter contre l’impunité. Le comité souligne également l’importance de défendre l’État de droit alors que les institutions internationales sont soumises à des pressions croissantes.


En récompensant Navi Pillay, le Nobel de la paix 2026 dépasse ainsi la reconnaissance d’un parcours individuel. Il rappelle que la recherche d’une paix durable repose aussi sur la justice, la protection des droits humains et la capacité de la communauté internationale à faire respecter le droit, y compris face aux États les plus puissants.