L’Institut national de formation des agents de santé (INFAS) entend renforcer l’efficacité du stage pré-emploi destiné aux jeunes diplômés des filières de santé. À cet effet, l’institution, en collaboration avec l’Agence française de développement (AFD), a ouvert, lundi 12 octobre 2026 à Yamoussoukro, un atelier consacré au bilan de la première cohorte de ce dispositif.
Prévue sur deux jours, cette rencontre vise à évaluer les résultats obtenus, à identifier les difficultés rencontrées lors de la mise en œuvre du programme et à formuler des recommandations en vue d’améliorer les prochaines cohortes.
À l’ouverture des travaux, la directrice générale de l’INFAS, la professeure Méliane N’Dhatz-Ebagnitchié épouse Sanogo, a rappelé l’importance de ce stage dans le renforcement des compétences professionnelles des diplômés en sciences infirmières, en maïeutique et dans les autres filières de santé concernées.
Selon la directrice générale, le stage pré-emploi répond à une difficulté récurrente dans le parcours des diplômés d’État, notamment le délai d’attente entre l’obtention du diplôme et le recrutement ou l’affectation dans la fonction publique.
Durant cette période, l’absence de pratique régulière peut entraîner une diminution de certaines aptitudes professionnelles acquises au cours de la formation initiale.
"Après l’obtention du diplôme d’État, il y a un temps de latence avant que les affectations des étudiants soient effectuées. Or, l’apprentissage doit être répété, et certains étudiants risquent de perdre certaines de leurs qualifications", a expliqué la professeure Méliane N’Dhatz-Ebagnitchié épouse Sanogo.
Ainsi, le stage permet aux bénéficiaires d’intégrer des structures sanitaires afin de consolider leurs connaissances théoriques, de renforcer leurs compétences pratiques et de gagner en assurance avant leur prise de fonction définitive.
Cette immersion professionnelle contribue également à leur familiarisation avec les réalités du terrain, notamment dans les zones confrontées à un déficit de personnel de santé.
En présentant le bilan de la première phase, la directrice générale de l’INFAS a indiqué qu’environ 3 000 diplômés avaient bénéficié du dispositif, sur près de 10 000 diplômés concernés.
Pour la deuxième cohorte, les prévisions font état d’environ 8 000 bénéficiaires, sur une population estimée à 12 000 diplômés.
Par ailleurs, la professeure Méliane N’Dhatz-Ebagnitchié épouse Sanogo a souligné que la participation au stage ne se limitait pas aux seuls bénéficiaires d’une prime. Selon ses estimations, près de 82 % des diplômés concernés auraient effectué un stage, y compris certains qui n’ont pas bénéficié de cette allocation.
Pour la responsable de l’institution, cette expérience constitue une étape importante dans la préparation des jeunes professionnels à leurs futures responsabilités.
"Avec ce stage pré-emploi de consolidation, les étudiants consolident eux-mêmes leurs performances. Nous pensons qu’ils sont mieux aguerris pour affronter leurs pratiques professionnelles, puisqu’ils doivent maintenant être affectés définitivement", a-t-elle affirmé.
Au-delà du bilan quantitatif, l’atelier de Yamoussoukro doit permettre d’examiner les insuffisances relevées dans les pratiques professionnelles des stagiaires. Les observations des encadreurs et des responsables des structures sanitaires devraient ainsi contribuer à mieux cibler les compétences nécessitant un renforcement.
L’enjeu est également d’utiliser les enseignements tirés de cette première cohorte pour améliorer les contenus et les méthodes d’apprentissage au sein de l’INFAS.
À titre d’illustration, la directrice générale a évoqué la prise en charge de l’hémorragie du post-partum, une complication obstétricale qui exige une parfaite maîtrise des gestes professionnels. Elle a expliqué que les difficultés observées dans ce domaine pourraient conduire l’institution à renforcer l’apprentissage de cette urgence au cours de la formation initiale.
Cette démarche vise donc à établir un lien plus étroit entre les insuffisances constatées sur le terrain et les ajustements à apporter à la formation dispensée aux futurs professionnels de santé.
Les travaux des 12 et 13 octobre 2026 doivent permettre de dégager des recommandations concrètes pour améliorer l’organisation, l’encadrement et les résultats du stage pré-emploi. Ils offrent également à l’INFAS et à ses partenaires l’occasion de mesurer les acquis du dispositif et de mieux préparer son extension à un nombre plus important de diplômés.
À travers cette évaluation, l’institution entend faire du stage pré-emploi un véritable levier de consolidation des compétences, afin que les futurs agents de santé abordent leurs premières affectations avec une meilleure maîtrise des exigences du métier. Un enjeu essentiel pour la qualité des soins et la sécurité des patients dans les structures sanitaires ivoiriennes.
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