Les stablecoins s’imposent progressivement dans les discussions sur l’avenir des paiements numériques en Afrique. Leur capacité à faciliter les transferts de valeur et les règlements internationaux suscite un intérêt croissant, notamment auprès des entreprises et des petits commerçants confrontés aux contraintes des transactions transfrontalières.
C’est dans ce contexte que Lionnel Yao représentant de S-Cash a pris part à un panel consacré aux usages concrets de ces actifs numériques sur le continent. Les échanges ont porté sur leur potentiel pour simplifier les paiements, fluidifier le commerce international et élargir les possibilités offertes aux petites entreprises africaines.
Pour lui , l’enjeu consiste à mettre les innovations financières au service des besoins quotidiens des commerçants. L’entreprise entend notamment explorer les possibilités offertes par les stablecoins pour faciliter les encaissements, les paiements et les règlements entre partenaires commerciaux situés dans différents pays.
Contrairement aux cryptomonnaies dont les cours peuvent connaître d’importantes variations, les stablecoins sont conçus pour maintenir une valeur relativement stable en étant généralement adossés à un actif de référence, comme une monnaie traditionnelle. Cette caractéristique peut en faire des outils intéressants pour certaines transactions, sous réserve des conditions d’utilisation, des frais et du cadre réglementaire applicable.
Toutefois, leur adoption à grande échelle suppose de répondre à plusieurs défis, notamment l’accessibilité des services, la sécurité des transactions, la protection des utilisateurs et la conformité aux réglementations financières.
Pour les petits commerçants, l’intérêt réside donc moins dans la technologie elle-même que dans sa capacité à répondre à des difficultés concrètes et à rendre les échanges plus simples et plus accessibles.
Au cours du panel, l’accent a également été mis sur la nécessité de ne pas opposer les différentes solutions de paiement disponibles. Les stablecoins, le PI-SPI et le PAPSS ont été évoqués dans une logique de complémentarité, avec pour objectif de renforcer les connexions financières entre les économies africaines.
Le PI-SPI, système de paiement instantané interopérable de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), vise à faciliter les paiements numériques entre les acteurs de l'écosystème financier de la région. De son côté, le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) a été conçu pour faciliter les paiements transfrontaliers en Afrique, notamment en monnaies locales.
Ces infrastructures répondent à des besoins spécifiques. Leur articulation avec les solutions fondées sur les stablecoins pourrait ouvrir de nouvelles perspectives, à condition que les mécanismes techniques, les exigences réglementaires et les modalités de conversion soient clairement définis.
L'objectif est ainsi de favoriser des paiements plus fluides et de réduire les difficultés rencontrées par les entreprises qui commercent entre plusieurs pays africains.
Le panel a notamment réuni Freddie Omany, de PawaPay, Arnaud d'Yve de Bavay, associé à Tether, Baptiste Andrieux, d'Ejara, ainsi que Sylvio Contayon, d'Oval Finance.
La diversité de ces profils a permis d'aborder les perspectives offertes par les stablecoins sous différents angles, notamment les paiements, les services financiers numériques et les solutions destinées aux utilisateurs.
À l'issue des échanges, le représentant de S-Cash a remercié les organisateurs et les intervenants pour la qualité des discussions. Il a également réaffirmé l'ambition de l'entreprise de permettre aux petits commerçants africains de vendre, d'encaisser et de développer leurs activités au-delà des frontières nationales.
Au-delà de l'intérêt suscité par les nouvelles technologies financières, le développement des stablecoins en Afrique dépendra de leur capacité à apporter des réponses concrètes aux besoins des entreprises et des consommateurs.
La réduction des frictions dans les paiements transfrontaliers, l'amélioration de l'accessibilité financière et la sécurisation des transactions figurent parmi les principaux enjeux. Leur réalisation nécessitera toutefois une collaboration entre les entreprises technologiques, les institutions financières, les opérateurs de paiement et les autorités de régulation.
Pour S-Cash, l'ambition est claire : faire des innovations financières des outils utiles au développement des petites entreprises africaines. L'avenir des stablecoins sur le continent se jouera donc autant dans leur adoption que dans leur capacité à rendre le commerce plus accessible, plus fluide et mieux connecté.
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