Faire des frontières africaines des espaces de coopération, de sécurité et de développement partagé. C’est l’ambition portée par la troisième édition de l’Abidjan Border Forum, ouverte le mardi 20 octobre 2026 au Parc des Expositions d’Abidjan, sous la présidence du Premier ministre, Robert Beugré Mambé, représentant le président de la République, Alassane Ouattara.


Organisé conjointement par le gouvernement ivoirien, à travers la Commission nationale des frontières de la Côte d’Ivoire (CNF-CI), et la Commission de l’Union africaine, ce forum se veut une plateforme continentale de concertation et de partage d’expériences sur la gouvernance des frontières.


Autour du thème "Peuples aux frontières : culture, intégration et sécurité", cette édition met l’accent sur le rôle des communautés vivant dans les zones frontalières. Pour Robert Beugré Mambé, ces territoires ne doivent pas être considérés uniquement comme des limites géographiques entre les États, mais aussi comme des espaces de vie, d’échanges et de solidarité.


Le chef du gouvernement ivoirien a souligné que les populations frontalières partagent souvent une histoire, des traditions et des intérêts économiques communs. Ces liens constituent, selon lui, un levier important pour consolider l’intégration africaine, prévenir les tensions et renforcer la confiance entre les communautés.


Il a ainsi appelé à valoriser les liens culturels entre les peuples et à intensifier la coopération transfrontalière, en tenant compte des réalités propres à chaque territoire.


"Nos frontières, héritage de notre histoire, doivent devenir des espaces de sécurité, d'échanges économiques, de cohésion sociale et de développement partagé", a déclaré Robert Beugré Mambé.


La Commission de l’Union africaine a également salué la tenue de ce forum à Abidjan. Lors de la conférence inaugurale, son président, Mahmoud Ali Youssouf, a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération entre les États voisins pour faire face aux menaces qui pèsent sur les espaces frontaliers.


Il a notamment évoqué les trafics illicites, la criminalité transfrontalière et le terrorisme, qui nécessitent des réponses coordonnées entre les pays concernés. Une gestion intégrée des frontières apparaît ainsi comme un instrument essentiel pour prévenir l’insécurité et favoriser la stabilité régionale.


Au-delà des enjeux sécuritaires, cette approche doit également permettre de faciliter les échanges économiques, de renforcer les relations entre les populations et de soutenir les objectifs d’intégration du continent.


Les travaux de cette troisième édition de l’Abidjan Border Forum doivent contribuer à identifier des réponses adaptées aux défis des territoires frontaliers. La concertation entre les gouvernements, les institutions continentales et les acteurs locaux constitue un enjeu central pour concilier sécurité, mobilité, développement économique et cohésion sociale.


À travers ce rendez-vous, la Côte d’Ivoire et l’Union africaine entendent promouvoir une vision des frontières fondée sur la coopération plutôt que sur la séparation. Un défi majeur pour le continent, dont l’intégration et la prospérité reposent aussi sur la capacité des États à transformer leurs zones frontalières en espaces de paix, de confiance et de développement partagé.