Les femmes portaient des pagnes baoulé. Elles avaient noué des foulards blancs sur la tête, en signe de paix. Elles ont été reçues par Jeannot Ahoussou-Kouadio, ministre d’État et conseiller spécial du Président de la République. Le ministre de l’Hydraulique, de l’Assainissement et de la Salubrité, Amédée Kouakou, était présent.


Cette rencontre a permis aux membres d’exposer leur projet. Il dépasse le cadre d’un simple regroupement associatif. Il vise à faire de la solidarité communautaire un instrument de paix.


É Wawlé Bla Mou a été créée le 23 décembre 2025. L’initiative revient à Nanan Affoué Berrah, reine-mère du Lomo. L’association accueille les femmes baoulé sans distinction de profession, de statut social ou d’appartenance politique et religieuse. Elle se déclare apolitique.


Juristes, cadres de l’administration, femmes d’affaires, cheffes d’entreprise, responsables d’ONG et commerçantes sont invitées à y apporter leurs compétences.


Sa présidente, Mah Gauze, a détaillé l’objectif : "Notre volonté est de réunir les femmes baoulé, de créer entre elles des liens de solidarité et de leur permettre de travailler ensemble. Nous voulons que chacune trouve sa place dans cette organisation et contribue, selon ses compétences, à la réalisation de notre idéal commun", a-t-elle expliqué.


Selon Mah Gauze, 200 femmes leaders ont rejoint l’association de leur propre initiative au cours des deux derniers mois. "Les femmes ont besoin d’un cadre pour se retrouver, échanger et unir leurs efforts autour d’objectifs communs", a-t-elle souligné.


L’association a déjà mené plusieurs actions. Elle a organisé quatre sessions de formation consacrées au savoir-vivre. Elle a rencontré les chefs de canton à Diabo. Elle a aussi échangé avec le ministre-gouverneur de Yamoussoukro. Ces initiatives visent à promouvoir les bonnes manières, le respect mutuel et les valeurs de la vie communautaire.


La présidente veut aussi prévenir les divisions. "Lorsqu’il y a des incompréhensions, nous devons privilégier la parole, nous écouter et rechercher ensemble des solutions. Nos divergences ne doivent jamais devenir des raisons de rupture entre nous", a-t-elle plaidé.


Elle défend une identité culturelle tournée vers les autres. " Être fières de nos racines ne signifie pas nous refermer sur nous-mêmes. Nous devons nous appuyer sur notre patrimoine pour aller vers les autres, cultiver le respect et contribuer à la paix", a-t-elle fait valoir.


Jeannot Ahoussou-Kouadio a salué la démarche des femmes. Il a rappelé leur responsabilité dans la réconciliation et la transmission des valeurs. « Au commencement était la femme. Vous avez une mission qui dépasse le cadre de votre association, vous avez la mission divine de réconcilier les hommes, d’apporter la paix. Le défi, c’est que cette association soit pérenne et léguée à vos petits-enfants en héritage », a-t-il déclaré.


Le ministre Amédée Kouakou a lié la paix au développement. "Le combat que nous menons, c’est le combat pour la paix. Tout ce que nous voulons, c’est le développement", a-t-il affirmé.


Jeannot Ahoussou-Kouadio a invité les membres de l’association à l’intronisation du chef central des Baoulé des treize communes d’Abidjan. Elle est prévue le 7 novembre 2026, place de l’Indépendance, à Yopougon.


Mah Gauze a remercié le ministre d’État pour sa disponibilité. Elle a aussi remercié Nanan Affoué Berrah, dont l’implication a permis d’organiser cette audience. La reine-mère n’a pas pu y assister pour des raisons familiales.


La rencontre s’est terminée par un cocktail. D’autres échanges avec l’association sont envisagés.