Agathe Habyarimana ira jusqu'au bout. Une semaine après la décision de la Cour d'appel de Paris d'annuler le non-lieu prononcé en première instance, l'ex-première dame du Rwanda a décidé de se pourvoir en cassation.
" Madame Habyarimana va solliciter l'examen immédiat du pourvoi qui sera suspensif et elle n'hésitera pas à saisir la Cour européenne des droits de l'Homme s'il le faut ", a informé son avocat, Me Philippe Meilhac.
Mercredi 6 mai, la chambre d'instruction de la Cour d'appel de Paris a non seulement infirmé le non-lieu, mais a également demandé la reprise des investigations sur son éventuelle implication dans le génocide de 1994, conformément à la requête des parties civiles et du Parquet national antiterroriste.
Dans son arrêt, les juges appellent à un " juste équilibre à rechercher entre le délai raisonnable " et " la nécessité de mener toutes les investigations utiles et nécessaires à la manifestation de la vérité ". Ils reconnaissent la " complexité " et la " longueur " des actes à mener, les faits ayant été commis à l'étranger avec des protagonistes souvent âgés ou difficilement localisables.
Veuve de l'ancien président rwandais Juvénal Habyarimana – dont le crash de l'avion a déclenché le génocide de près d'un million de Tutsis entre avril et juillet 1994 , Agathe Habyarimana est visée depuis 2007 en France par une information judiciaire pour complicité de génocide et de crimes contre l'humanité.
Selon les associations de la partie civile, ainsi qu'une lettre récemment révélée par le journal Le Monde, l'ex-première dame était l'une des têtes pensantes de l' "Akazu" (" la petite maison "), le premier cercle du pouvoir hutu qui aurait orchestré le génocide.
Non-lieu annulé, enquête relancée, pourvoi en cassation annoncé. Trente-deux ans après le génocide des Tutsis, la justice française continue de démêler l'écheveau des responsabilités. Agathe Habyarimana se bat jusqu'au bout. Les parties civiles, elles, attendent la vérité. Le feuilleton judiciaire est loin d'être terminé. La Cour de cassation aura le dernier mot.
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