La déclaration a été lue par Nanan Jean-Martin Abolé N'Gbé, chef central de la communauté Akyé de Port-Bouët, porte-parole des chefs de communautés ethniques et représentant de la Chambre des chefs traditionnels. Selon lui, ces opérations ont plongé de nombreuses familles dans une situation de grande précarité. Plusieurs ménages se retrouvent aujourd'hui sans abri, exposés aux intempéries en pleine saison des pluies, tandis que de nombreux élèves affrontent cette période difficile au moment même où se déroulent les examens scolaires.


Si les chefs de communautés reconnaissent la nécessité des projets de réaménagement urbain engagés par le District Autonome d'Abidjan, ils estiment toutefois que les méthodes employées n'ont pas suffisamment pris en compte la dimension humaine. "Nous déplorons profondément le caractère brutal de ces opérations ainsi que les conséquences qui en découlent pour les populations concernées ", a indiqué Nanan Jean-Martin Abolé N'Gbé.


Les leaders communautaires ont également regretté que les autorités municipales de Port-Bouët, conduites par le député-maire Dr EMMOU Sylvestre, n'aient pas été associées à la préparation de ces opérations. Une situation qu'ils jugent préoccupante au regard de l'impact direct des déguerpissements sur les populations locales.


Face à cette crise sociale, les chefs de communautés plaident pour une approche davantage axée sur l'accompagnement des personnes affectées. Ils appellent les pouvoirs publics à mettre en œuvre des mesures urgentes de soutien, notamment en matière de relogement, d'assistance humanitaire et de réinsertion socio-économique. Ils ont également rappelé les engagements pris par le Président Alassane Ouattara en faveur de l'amélioration des conditions de vie des populations vivant dans les quartiers précaires.


Tout en saluant les initiatives de solidarité entreprises par la municipalité de Port-Bouët, les chefs de communautés ont lancé un appel à l'ouverture d'un dialogue inclusif réunissant les autorités administratives, les collectivités territoriales, les organisations de la société civile ainsi que les populations concernées.


Pour eux, seule une concertation élargie permettra de trouver un équilibre entre les exigences du développement urbain et la préservation de la dignité humaine, tout en réaffirmant leur attachement à la paix, à la cohésion sociale et au développement harmonieux de la Côte d'Ivoire.